Comment je crée une montre automatique sur-mesure de A à Z
Quand quelqu’un me contacte pour la première fois, la question revient souvent : “Mais concrètement, comment ça se passe ?”. C’est une bonne question. Et j’ai envie d’y répondre honnêtement, sans jargon, comme je le ferais en face à face dans mon atelier.
Tout commence par une conversation
Je ne commence jamais une montre sans avoir échangé avec celui ou celle qui va la porter. C’est une règle que je me suis fixée dès le départ, et je ne l’ai jamais regrettée.
Quand vous remplissez le formulaire sur une fiche de la galerie, vous me dites ce qui vous plaît, ce que vous voudriez changer, comment vous préférez qu’on échange. Je vous réponds personnellement — pas un assistant, pas un formulaire automatique. Moi.
On discute. On affine. Votre montre commence à prendre forme dans cette conversation, bien avant que je touche le moindre composant.
Le choix des composants
C’est l’étape que je préfère. Chaque montre est un puzzle — il faut que toutes les pièces s’accordent, visuellement et techniquement.
Le mouvement — c’est le cœur de la montre. J’utilise principalement des mouvements automatiques japonais, réputés pour leur fiabilité et leur précision. Robustes, durables, et accessibles sans sacrifier la qualité. Sur certaines pièces j’utilise le NH35, sur d’autres le NH38 avec fond transparent pour laisser voir le balancier spiral. J’utilise aussi des mouvements miyota.
Le boîtier — je travaille exclusivement avec de l’acier 316L ou 904L. Des aciers chirurgicaux, résistants à la corrosion, qui gardent leur éclat dans le temps. Selon le projet, on choisit ensemble la forme, la taille, la couleur — acier brut, doré, noir mat, or rose,.
Le cadran — c’est souvent là que la magie opère. Certains cadrans je les commande en usine après une modélisation 3D — c’est ce que j’ai fait pour la Françoise Beige, dont le cadran beige a été pensé, dessiné et fabriqué spécifiquement. D’autres fois, je pose des indexes à la main sur un cadran vierge — comme sur le modèle Daniel Vert, où chaque index a été collé un par un.
Le bracelet — soit un bracelet acier assorti au boîtier, soit un bracelet en cuir. Et là, les deux ateliers se rejoignent : je fabrique moi-même les bracelets cuir dans mon atelier maroquinerie. Cuir de veau, alligator, daim — selon l’univers de la montre.
L’assemblage à la main
Une fois tous les composants réunis, l’assemblage peut commencer. C’est une étape qui demande de la patience, de la précision, et un bon éclairage.
Je commence par préparer le mouvement — vérification, nettoyage si nécessaire. Puis je pose le cadran, les aiguilles — une opération délicate où le moindre faux mouvement peut rayer ou tordre une aiguille. Ensuite le mouvement s’insère dans le boîtier, le verre se pose, la couronne s’ajuste.
Chaque montre passe entre mes mains pendant plusieurs heures. Il n’y a pas de machine, pas de chaîne. Juste moi, mes outils, et la pièce en cours.
Les finitions et les contrôles
Avant la livraison, je contrôle chaque montre soigneusement. Étanchéité, réglage de la marche, vérification visuelle sous loupe. Je cherche la moindre imperfection — un reflet suspect sur le verre, un index pas parfaitement aligné, une couronne qui résiste.
Si quelque chose ne me satisfait pas, je recommence. Ce n’est pas négociable.
La livraison
Chaque montre est livrée dans un écrin soigné. Selon les projets, j’y ajoute une boîte tonneau en cuir façonnée à la main dans mon atelier — comme pour la dernière création, assemblée à Annecy et livrée dans son écrin en cuir italien.
Des ajustements restent possibles après livraison si quelque chose ne vous convient pas. Je préfère qu’on en parle plutôt que vous gardiez une montre avec un doute.
Et si vous voulez la vôtre ?
Le processus que je viens de décrire, c’est celui que je vis avec chaque client. Il commence toujours par une conversation, et il se termine toujours par une pièce unique.
Si vous avez une idée — même floue, même incomplète — contactez-moi. On construira votre projet ensemble, à votre rythme.
Ou si vous voulez d’abord vous inspirer, parcourez la galerie — vous y trouverez peut-être le point de départ de votre montre.
